Édito du 30 octobre

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Avec ce numéro aussi riche que varié, DESaCORPS s’engage sur la dernière ligne droite vers les 50es Journées de l’ECF.

Vous avez sans doute entendu parler de l’événement éditorial qu’est la parution récente d’Ornicar ? n° 54. Son thème « Consentir » ouvre sur l’étendue souvent insaisissable de ce qui gît entre deux possibilités : dire oui, dire non. Car l’une et l’autre impliquent toujours la question du consentement … mais à qui, ou plutôt à quoi quelqu’un dit oui ou dit non ? À l’amour ? À la jouissance ? Au désir ? Au surmoi ?

Christine Maugin a lu cet ouvrage incontournable et nous invite à le découvrir.

Trois cartellisants contribuent à la rubrique 4+1 → J50 et chacun apporte un bout de savoir produit à l’occasion d’un cartel et formulé à l’intention du travail d’école que sont ces journées « Attentat sexuel ».

Dans un cartel de lecture du Séminaire VIII, Le Transfert, Chicca Loro a reconnu les effets de l’attentat sexuel dans l’imbroglio transférentiel au cœur duquel s’est déroulée la toute première cure analytique d’un sujet hystérique. La réponse d’Anna O. à l’amour de transfert qu’elle portait au Dr. Breuer recèle un double attentat, celui dont le médecin paya les frais et celui qu’il infligea à sa patiente du fait de s’être retrouvé démuni face au transfert comme condition de l’analyse. Ce cas que Freud prit au sérieux, qui fut élucidé par Lacan et repris avec précision par Serge Cottet, porte en lui les fondements de la psychanalyse et demeure très enseignant pour les psychanalystes du XXIe siècle.

En 1905 Freud publie ses Trois essais sur la théorie sexuelle et ça résonne comme un gong pour le discours de l’époque. Affirmer que les enfants sont concernés par la pulsion sexuelle et qu’ils y répondent par l’échafaudage de fictions leur permettant de « faire avec » suscite la plus grande méfiance, voire le rejet de la psychanalyse par la société viennoise. Parallèlement, Egon Schiele peint et écrit. Dans le cadre d’un cartel préparatoire vers les J-50, Adeline Suanez s’est intéressée à la façon dont l’acte créateur de cet artiste dialogue avec la découverte freudienne.

Dans un cartel fulgurant, Marcelo Denis s’est saisi de la question de l’attentat sexuel dans son versant d’abus, et donc de passage à l’acte. À partir d’une indication de Lacan quant à la logique à l’œuvre chez le sujet érotomane, l’auteur extrait un fil du film Parle avec elle, de Pedro Almodovar. Il démontre la trajectoire inentamable du protagoniste, Benigno, un infirmier qui aime et se sait aimé en se passant de l’a-mur du non rapport sexuel. Cet amour total et sans faille le pousse à commettre l’irréparable.

Et enfin, la trame Des touches de biblio nous propose aujourd’hui deux pépites.

D’abord celle signée par Daisuke Fukuda qui a lu pour nous une référence issue du cours de Jacques-Alain Miller Le partenaire symptôme. Avec une grande générosité, il l’articule à un fragment du Dit de Genji, peint par Mitsuyoshi Tosa et caligraphié par Masatane Asukai. Ce texte transmet à quel point l’extrême beauté et raffinement de l’une des plus parfaites pièces de l’art japonais font place au déchet, permettant en conséquence à la lettre de s’écrire. Vous verrez comment l’intrigue de la scène décrite inclut l’excès de l’acte féminin lorsqu’il est pris dans l’enfer de la jalousie et soumis au sadisme du signifiant.

Et enfin, Adela Bande-Alcantud commente une référence issue du Séminaire XVI de Lacan, D’un Autre à l’autre, où elle a lu l’effort de Lacan pour transmettre toutes les conséquences du fait que « la psychanalyse n’est pas un savoir sur le sexuel ».

Bonne lecture !