Édito du 29 septembre 2020

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Vous allez découvrir dans ce numéro spécial « Art » de DESaCORPS, trois textes qui vont vous ravir par leur analyse extrêmement fine d’œuvres artistiques, d’œuvres qui provoquent un émoi chez le spectateur, une jouissance, un attentat.
S’il est admis que l’artiste ouvre la voie au psychanalyste, les auteurs de ces textes vont nous le démontrer brillamment. Nous allons voir comment ils s’enseignent de l’objet artistique (ici subversif bien-sûr !), objet qui toujours nous regarde et qui ouvre sur un vide, une coupure, un réel.

Dans son texte, Bernard Lecoeur fait une hypothèse originale : Lacan évoquait L’origine du monde, œuvre scandaleuse, à travers son commentaire du tableau de Vélasquez, Les Ménines. Le rapport entre ces deux tableaux serait alors du « registre structural de la fente ». Puis c’est avec l’œuvre de Fontana et son « érotique de la fente » que l’auteur aborde le registre de la coupure, de l’espace et du temps.

Le viol de Lucrèce et son suicide, évènement fondateur de l’histoire de Rome qui marqua la société antique, a inspiré nombre d’artistes, particulièrement au XVIe siècle. Gustavo Freda nous parle des représentations picturales de cette héroïne, Lucrèce, ou plutôt de son corps devenu pur objet offert au regard, « encore et encore ».

C’est avec le poème de Shakespeare, « Le viol de Lucrèce », qu’Hélène de la Bouillerie nous éclaire sur le rapport entre désir et beauté, entre beauté et outrage. L’auteure s’interroge sur ce qui est visé au travers du passage à l’acte du violeur.

Titien, Shakespeare, Courbet, Fontana et bien d’autres vont vous inspirer ! Bonne lecture.