Édito du 20 octobre 

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En ce début de vacances de Toussaint, qui prend à présent les couleurs d’Halloween pour les petits Français, c’est un DESaCORPS hanté de multiples figures maléfiques que vous allez parcourir.
Si les enfants aiment se faire peur dans leurs histoires préférées remplies d’ogres et de loups affamés, les personnages effrayants de ce numéro n’ont pas tous été passés à la moulinette symbolique du conte.
Mais ils vous sont présentés par des analystes qui leur jettent un sort, par la lecture lacanienne de la jouissance qu’ils proposent.
Qui d’autre mieux que Barbe bleue pour entamer cette série de monstres ? Une Barbe bleue loin du conte de Perrault, une version pour adultes, interprétée par Georges Bataille. Cette lecture inédite de la figure de Gilles de Rais vu par Valérie Pera-Guillot nous surprend, présentant l’abominable seigneur d’une façon renversante, par la jouissance ignoble qui regarde chacun.
Autre siècle et autre violence avec le spectacle Les Chatouilles. Ce titre enfantin pour saisir comment l’enfant, devenu artiste, retrace le trajet fait depuis sa mauvaise rencontre, ses constructions et élaborations pour tenter de dire le réel éprouvé. Bénédicte Jullien, à la hauteur de la pudeur de son auteure, dégage comment la créativité va faire écho au plus intime du spectateur.
C’est ensuite au cœur même du cauchemar que nous plonge Raphaël Boussion, relevant par là et avec précision une question au sujet de laquelle Lacan disait que les analystes restaient discrets… Nous suivrons les figurations des mythiques incubes, celles qui ont donné naissance à Merlin l’enchanteur. C’est par le biais de l’angoisse que l’auteur aborde le mythe de « cet être qui pèse de tout son poids opaque de jouissance étrangère sur votre poitrine, qui vous écrase sous sa jouissance ».
Pour finir, un « lever de lune », l’histoire d’une rencontre, bonne celle-là, entre deux enfants. Dans ce texte tout en douceur, Maria Novaes donne la parole à ces jeunes personnages et à leur histoire d’amour, la première, où dans un décor romantique une tempête illustre le désordre et la force de l’irruption du sexuel.
Un numéro en écho aux contes pour enfants, toujours cruels à souhait pour approcher les angoisses qui ne manquent jamais. Un numéro qui tisse les époques et les récits à faire peur et où s’entend la volonté de ne pas renoncer face au savoir sur le sexuel et à son réel le plus opaque.
Il était une fois…