Édito du 17 juillet 2020

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Une pratique n’a pas besoin d’être éclairée pour opérer, par cette phrase Lacan fait voler en éclat tout savoir prétendant dominer la clinique, détenir sa Vérité. Il y aura toujours un gap entre ce qui se passe dans l’expérience analytique et ce que l’on dit de ce qui se passe. Ce qu’on dit – l’éclairage de la pratique – ne vient pas d’une source lumineuse extérieure, mais se tisse de ces éclats, débris ramassés sous transfert dans la rencontre analyste – analysant. Tous les concepts avancés par le clinicien porteront, dans le champ lacanien, cette marque d’origine. Dès lors, que l’analyste les dise ne peut plus s’oublier.

Vous trouverez dans ce dernier numéro avant la pause estivale, deux contributions de deux analystes membres de l’ECF qui se risquent à dire en prenant appui sur ce trou. Dans Attentat langagier dans l’autisme, Jean-Robert Rabanel partage avec nous une réflexion aigüe issue de sa pratique avec des sujets autistes : « Avec l’autisme et les phénomènes psychosomatiques, l’attentat sexuel serait déplacé de l’Un sur l’Autre ». La densité clinique d’une telle hypothèse et les conséquences dans la pratique sont au rendez-vous. Dans Ce qui se dit, Sonia Chiriaco propose des points de repère cruciaux pour attraper ce qui se passe dans la clinique : aveu, honte, silence, troumatisme, après-coup, voile… En rappelant cette phrase de Lacan « un trauma est toujours suspect », l’auteure déploie avec finesse l’épaisseur clinique du thème qui nous occupe. Vous trouverez dans ce texte des nombreuses observations cliniques comme celle concernant la fonction et l’usage du rêve sous transfert en tant que « facilitateur », antichambre, de « l’aveu ».