Édito du 16 octobre

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Aujourd’hui, DESaCORPS met à l’honneur les Cartels dits « fulgurants ». Fulgurants quant à leur durée qui va de courte à très courte !
Une certaine hâte anime celles et ceux qui, portés par l’élan et le tempo des grands événements de l’ECF, s’aventurent dans des cartels fulgurants.

L’autre invité de choix de cette livraison est le septième art. Deux textes, deux films, deux artistes qui nous frayent la voie, éclairant notre tentative pour forger une interprétation du thème « attentat sexuel ». Mais pas sans l’appui indispensable des concepts psychanalytiques que nous mettons sans cesse sur notre métier.

Aurélie-Flore Pascal a lu avec subtilité le film de Céline Sciamma Portrait de la jeune fille en feu. Et avec Lacan, elle a saisi le déplacement de Marianne, jeune peintre qui, faute de mieux, fait LOM (l’homme). Son abord du monde, réglé par la norme phallique en prendra un coup lorsqu’elle se heurte au refus d’Héloïse. Par la grâce de la rencontre entre les deux femmes, c’est le regard d’une peintre, porté sur l’horizon qu’ouvre le pas-tout, que nous verrons naître. Quant à Héloïse, le virage se produira du côté du malentendu amoureux qui est aussi une autre forme d’attentat car l’on n’en sort pas indemne.

Vient ensuite le travail d’Andrea Castillo qui prend appui sur le film de Pedro Almodovar Douleur et gloire. Elle fait une sorte d’arrêt sur image à propos de la scène où l’on voit la réponse de l’enfant Salvador lorsque, percuté par la brûlure du désir qu’il éprouve devant le corps nu d’un homme, il s’évanouit. Ce trop de jouissance fait attentat sexuel, car il affecte le corps du garçon, et fait disparaître momentanément le sujet. La lecture de cette scène illustre ce que Lacan formule comme l’échec de la jouissance sexuelle dont le parlêtre ne cesse de faire l’expérience.

Et last but not least, la rubrique Des touches de biblio ajoute à la série qui la compose la contribution de Guillaume Libert. Il commente avec acuité une référence à Lacan issue de sa Conférence à Genève sur le symptôme, et s’intéresse par la suite à la portée de l’équivoque en tant qu’elle ouvre sur la réalité sexuelle de l’inconscient. Ce fut le cas du petit Hans et des détritus de sa lalangue à travers lesquels il a fait entendre à Freud la bataille qu’il livrait. Le symptôme phobique lui permit de mettre à distance l’angoisse liée à l’irruption de la jouissance sexuelle dont il s’était trouvé, à un moment précis, quelque peu débordé.

Bonne lecture !