Édito du 15 septembre 2020

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Parabellum

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
A travers ce commandement subverti par Freud puis Lacan, peut se lire tout un programme d’atrocités commises sur le corps de l’autre : tu frapperas dans l’autre l’horreur de toi-même.

 

Voici le fil de ce DESaCORPS, des luttes au corps à corps entre hommes, ou plutôt, des hommes face au corps des femmes. On y découvrira ce qui est visé par l’avilissement, la soumission, l’humiliation. Et ce, lorsque l’attentat sexuel rencontre l’attentat comme acte de guerre. Version que l’actualité judiciaire nous rappelle, si tant est que nous l’ayons oublié.

Guy Briole ouvre ce numéro en démontrant qu’il n’est nul besoin de se référer aux guerres ancestrales pour voir surgir l’usage abject du corps de l’autre. Son texte servira de boussole pour ce numéro et pour notre réflexion à l’approche des Journées, et ceci par un lien et une indication précise sur ce qu’il en est « dudit consentement » à se faire objet de jouissance.

La responsabilité du sujet est donc articulée dans les textes si précis publiés aujourd’hui. C’est ce que nous livre Fouzia Taouzari, par le récit devenu inévitable, d’une femme marquée à jamais par sa rencontre avec un homme. C’est aussi la responsabilité de chacun devant sa jouissance indicible et obscure, celle que devra découvrir Turtle dans le beau texte de Yohann Allouche pour sortir du huis clos incestueux.
Nous apprendrons enfin grâce à Gabrielle Vivier que la loi traite dans certains cas le surgissement d’images pornographiques sur la toile de la même façon que la propagande terroriste !

Guerre / Sexe, une équation de l’effraction traitée dans ce numéro, mais du côté de ce qui est, à chacun, le plus honteusement intime.

Lisons en paix.