Édito du 10 novembre

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A quelques jours de la tenue des J50, nous accélérons le pas, nous y allons avec détermination et entrain.

Des textes sont encore à lire pour nous faire entendre ce qu’est un attentat sexuel, sa mécanique et son traitement possible au un par un. Les textes de ce numéro de DESaCORPS trouvent à se lier notamment sur le traitement de la solitude et du silence propres à la jouissance et qui gisent au cœur de l’attentat sexuel. Ils font la part belle à la solution sinthomatique des artistes quand un en trop a été rencontré trop tôt.

Pauline Prost ouvre ce numéro avec un texte qui nous fait avancer sur les arêtes du désir en en passant par le désir sadique et le fantasme sadien pour faire entendre qu’il est question « du corps séparé de lui-même » dans toutes les formes d’attentat sexuel. L’auteure indique que « la honte et la culpabilité relèvent de la structure et non de l’événement traumatique » et pose, entre autre, le dit devoir conjugal, comme contrat paradoxal quant à l’amour, entre désir et contrainte.

Françoise Haccoun nous montre comment Niki de Saint Phalle fit de cette solitude, éprouvée au joint le plus intime de son être dans les suites de l’inceste paternel, une voie ouverte vers la création, œuvres plastiques, performances, impliquant son corps dans son travail artistique. Dans son texte, l’auteure ponctue sur les accointances entre la sublimation et ce que Lacan dépliera dans son dernier enseignement, à savoir le sinthome.  

Solenne Albert questionne le consentement à l’aune du silence, qui n’est pas un se taire ou un dire oui avec son travail sur le livre Les choses humaines de Karine Tuil et nous indique que « c’est précisément le rapport à la parole que l’attentat sexuel vient pulvériser ». Avec l’attentat sexuel, « on sort des doutes et embrouilles du désir pour rencontrer le « hors de doute » de la jouissance. »

Sylvie Berkane-Goumet dans son travail fait valoir que l’attentat sexuel existe même avec deux amants consentants et nous éclaire sur la jouissance Une, illimitée, avec l’objet comme extraction de corps, pur réel, non symbolisable. Elle nous indique aussi pourquoi Lacan s’est intéressé à « L’empire des sens ». L’auteure insiste sur deux choses : le fantasme d’une jouissance radicale ne s’attache pas à un sexe et la jouissance ne se partage pas, elle est solitaire.

Dominique Corpelet propose un trajet de ce que recouvre l’attentat sexuel à partir du syntagme « la première fois », un premier en trop qui ne cesse pas de se répéter. Comment l’isoler, la retrouver ? Une cure peut y conduire à cette « première fois » de jouissance. Les artistes la contournent ou l’abordent de face et certaines femmes en passent par la littérature dans un ça s’est passé, ça s’écrit.

Enfin Anne-Cécile Le Cornec revient sur une période de libération sexuelle, sur ce que Lacan en disait, comment il voyait « une autre façon de passer sa révolte, [sa façon à lui]. Par l’énonciation. » Il invitait dès lors les psychanalystes à s’atteler à travailler sur « les rapports de l’un à l’autre sexe ». Les prochaines Journées de l’École seront, à n’en pas douter, le lieu d’où un « bien-dire, [sur] la rencontre de chaque Un avec le sexuel » pourra se faire entendre.

 D’ici là, avec DESaCORPS, ce bien-dire est à lire !